Promotion d’une pêche durable dans le lac de Lagdo au Cameroun

La surexploitation et l’utilisation de techniques de pêche destructives ont fini par faire baisser considérablement la productivité du Lagdo un fleuron de la pêche au Cameroun. Mais grâce à une approche de pêche durable promue par l’ONG CELDIE, les réserves se reconstituent doucement.

Depuis toujours, les populations riveraines du lac de Lagdo au nord du Cameroun, pratiquent la pêche. Mais c’est au début des années 80 que l’activité va connaître un essor éclatant avec la construction sur le lac d’un barrage hydroélectrique en 1984. Le barrage s’étend sur 700 km2. Ce lac permet de développer la riziculture et la promotion des ressources halieutiques.

Pourtant, la pratique de la pêche constitue la principale activité qui génère des revenus pour ces populations. Plus de 20 000 tonnes de poissons étaient capturés par an. Mais, contre toute attente, 10 ans après la construction du barrage, la rareté des poissons se manifestait, entrainant la hausse des prix du poisson et les plaintes intempestives des consommateurs.

La conséquence est que certains revendeurs se sont reconvertis dans les productions végétales et dans l’élevage. Devant le drame qui se joue, la Cellule pour le Développement Intégré et l’Environnement (CELDIE, dirigé par Boniface Botna, un spécialiste en environnement, développement durable, va proposer un modèle de gestion durable de la ressource.

Suite à un diagnostic approfondi, pour mieux cerner les problèmes, l’ONG parvient à en dégager les plus importants. Ces problèmes sont d’ordre social, économique et culturel. Au nombre de ceux-ci : le changement climatique, le recul des berges, l’utilisation de matériel de pêche non conventionnelle (moustiquaire imprégnées, …), la pêche anarchique en longueur de journée, une surexploitation des arbustes autour du lac pour le bois de chauffage.

Très vite, des concertations et des sensibilisations furent enclenchées avec les parties prenantes. Ce qui a accouché de quelques alternatives. Ainsi, avec l’appui de la CELDIE, les pêcheurs obtiennent un financement du PNUD favorisant une opération de restauration des rives du lac, par la plantation d’arbres.

Soucieux de leur développement, les populations, en l’occurrence les pêcheurs, plus de 5 000 personnes commencèrent l’utilisation de filets conventionnels, disséminés dans 18 campements de pêcheurs du lac. Parallèlement, l’autorité administrative (Gouverneur de la région) s’est impliquée dans le processus en règlementant les périodes de pêche grâce à la prise d’un arrêté régional diffusé dans les médias.

Au bout de 12 mois, ce processus a atteint des résultats encourageants grâce à l’activisme de l’ONG cellule pour le développement intégré et l’environnement.

Bénéwendé Judicaël SAWADOGO

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